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Ces derniers mois, YouTube a durci sa politique de monétisation et a posé de nouvelles contraintes pour les vidéastes. On s’en souvient en 2017, de nombreuses marques avaient boycotté la plateforme de vidéos : McDonald’s, L’Oréal, Mars, Adidas, etc, ne souhaitant plus apparaître à côté de contenus relatifs à la haine, au terrorisme ou au sexe. La réaction de YouTube fut considérable afin de se conformer aux attentes des annonceurs, et c’est alors que les choses se compliquèrent pour les vidéastes qui virent leurs revenus publicitaires s’effondrer.

En 2018,  ce sont les règles de la monétisation qui sont revues à la loupe. La tolérance zéro est mise en place et cela crée l’inquiétude chez les YouTubeurs, notamment les semi-pros très dépendants de la monétisation.

Une question cruciale se pose alors pour les vidéastes en 2019 : la monétisation YouTube est-elle toujours une option viable ?

Retour sur une période difficile : 2017-2018

2017 : les contenus violents et inappropriés déplaisent aux annonceurs

L’élément déclencheur de cette polémique est la publication d’un article du quotidien The Times du 19 mars au Royaume-Uni, qui divulgue le fait que des sites négationnistes ou racistes perçoivent des revenus publicitaires depuis leurs vidéos YouTube.

De plus, des spots publicitaires de certaines grandes entreprises tels que Armani, BBC ou HSBC ont été posés sur des vidéos à contenu raciste. C’est alors que plusieurs marques réputées décident de suspendre leurs publicités sur la plateforme YouTube, et la liste est longue : McDonald’s, Marks and Spencer, The Guardian, Pepsi, L’Oréal, Walmart, etc. Ce boycott aurait coûté jusqu’à 755 millions de dollars à Google sur l’exercice 2017.

A la suite de cette grogne des annonceurs, Google met en place une série d’actions visant à améliorer leur algorithme et à déployer un nouveau système de filtre plus efficace. Il est également prévu une hausse des embauches dédiées au filtrage par des modérateurs humains, pour atteindre 10 000 personnes en 2018. Entre octobre et décembre 2017, YouTube a supprimé quelques 8.3 millions de vidéos, par soucis de transparence des pratiques de la plateforme.

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Les critères de monétisation renforcés en 2018

A partir du 20 février 2018, YouTube revoit ses critères de monétisation. Alors qu’il fallait auparavant simplement cumuler 10 000 vues pour pouvoir prétendre à la monétisation, trois nouveaux éléments entrent en jeu :

  • Le nombre d’abonnés sur la chaîne : 1 000.
  • Le nombre d’heures de visionnage : 4 000 au cours des 12 derniers mois.
  • Un respect strict des règles publicitaires.

Bon nombre de chaînes YouTube se retrouvent dans l’incapacité de monétiser leurs vidéos. De plus, YouTube permet dorénavant aux annonceurs de choisir les types de contenus auxquels ils s’associent, et cela délaisse certains secteurs.

Les règles de YouTube en terme de monétisation de contenu sont également renforcées. Un nouveau fléau menace alors les vidéastes : la démonétisation. Il suffit que le titre de la vidéo contienne des mots comme « guerre », « drogue » ou « sexe » pour être instantanément démonétisé par les robots de YouTube ; et les recours sont compliqués. Cette démonétisation se traduit en une baisse de visibilité et de revenu chez les YouTubeurs, ce qui devient tragique pour la création de contenu et laisse plusieurs créateurs sur le carreau.

Quoi de neuf en 2019 ?

Février : Lettre ouverte de la PDG  aux créateurs

Le 05 février 2019, Susan Wojcicki, PDG de YouTube, a publié une lettre ouverte aux YouTubeurs où elle évoque les problèmes de monétisation liés aux droits d’auteur.

La patronne de YouTube commence par s’excuser du manque de communication de la plateforme vis à vis des utilisateurs et insiste sur l’amélioration de la réactivité de YouTube de 50%, sur les réseaux sociaux ou par mail.

Elle indique ensuite que l’outil de détection automatique des contenus sous licence a été affiné afin de ne pas pénaliser les contenus qui utilisent un extrait dans une démarche artistique. La PDG affirme également que le système de réclamations des vidéastes a été amélioré afin d’être plus réactif.

Cependant, ces mesures sont loin d’être suffisantes pour répondre aux inquiétudes des YouTubeurs dont les revenus sont majoritairement issus de la monétisation. La directive européenne sur le respect des droits d’auteur approchant à grand pas, les choses risquent encore de se compliquer pour les vidéastes.

Mars : Adoption de la directive européenne sur les droits d’auteur

Le mardi 26 mars 2019, le Parlement européen a adopté la directive controversée sur les droits d’auteur, après trois ans de débats. Nous allons voir ce que cela implique pour les vidéastes et à partir de quand ces dispositions seront mises en place.

Tout d’abord, la directive touche de nombreux acteurs aux intérêts différents et parfois même opposés : artistes, créateurs de contenu, médias, plateformes, etc. L’objectif principal est d’harmoniser les règles de la propriété intellectuelle au sein de l’Union européenne. Pour cela, de nouvelles obligations concernent les géants du Web : ils devront prendre « des mesures pour assurer le fonctionnement des accords conclus avec les titulaires de droits concernant l’utilisation de leurs œuvres » (Article 13 de la directive). En d’autres termes, ils seront obligés de filtrer et contrôler de façon stricte tous les contenus protégés, au risque de nuire à la créativité et la diversité des contenus en ligne. Cela pourrait se traduire par une suppression massive de vidéos sur YouTube, et les vidéastes devront redoubler de prudence quant à l’utilisation de contenus sous licence, sous peine de les voir bloqués.

En réaction, la plateforme YouTube mène une campagne depuis plusieurs mois visant à amender certains articles de la directive. Une pétition a également été lancée en novembre dernier et compte déjà plus de 5,1 millions de signatures. Certains députés européens affirment même avoir reçu des menaces en provenance des GAFA.

Cependant, la réforme ne sera pas appliquée avant 2021 : en effet, les 28 Etats membres de l’Union européenne ont deux ans pour transposer la directive dans leur droit national. Cela laisse le temps aux géants du web et aux créateurs de contenu de s’adapter, et donne une marge aux Etats membres pour interpréter les textes de la directive.

Combien rapporte réellement la monétisation

Votre contenu est-il éligible ?

Faisons d’abord un premier point sur ce qui est monétisable et ce qui ne l’est pas sur la plateforme YouTube. Car oui, pour savoir ce que rapporte la monétisation, il faut déjà savoir dans quel cadre peut-on en bénéficier et toucher des revenus publicitaires.

Vous avez plus de 1 000 abonnés et un nombre d’heures de visionnage conséquent sur votre chaîne YouTube ? Bien, vous faites partie des heureux élus à la monétisation. Mais votre contenu est-il adapté ?

Google nous énoncent toutes les consignes pour avoir un contenu adapté aux annonceurs, et la liste est longue (https://support.google.com/youtube/answer/6162278) :

  • Pas de sujets controversés et événements sensibles : on ne parle pas de guerre, conflit politique, mort, même si aucune image choquante n’est diffusée.
  • Pas de vidéo montrant la vente ou l’usage de drogues et produits illicites.
  • Pas d’actes dangereux ou pernicieux : cela comprend une partie des pranks.
  • Pas d’incitation à la haine : qui tranche et définit la limite ?
  • Pas de langage inapproprié : attention, pas de gros mots.
  • Pas de provocation : cela comprend les clash.
  • Pas de contenus à caractère sexuel ou violent : attention à la nudité ; pour la violence, le contexte est important.

Si rien de tout cela n’est présent dans vos vidéos, alors vous pourrez les monétiser sans problème.

1€ pour 1 000 vues ?

Le fameux 1€ pour 1 000 vues est une croyance tenace mais pas tout à fait exacte. Ce fut peut-être le cas il y a quelques années, mais la rémunération est plus basse en moyenne actuellement. Elle est surtout très variable selon la période et le type de contenu.

Tout d’abord, il est important de préciser que les vues ne sont pas automatiquement liées à une rémunération. Si vous faites 1 million de vues mais que personne ne visionne ou clique sur l’annonce posée sur votre vidéo, vous gagnerez 0€. De plus, prenez en compte les internautes utilisant des bloqueurs de pub et qui ne verront pas les publicités (environ 36% des internautes Français – étude Ipsos).

Sachez également que Google conserve 45% et reverse 55% aux créateurs pour chaque dollar payé par les annonceurs. Enfin, à partir d’un certain seuil de revenu, vous serez dans l’obligation de déclarer votre butin aux impôts et une partie sera imposable.

Tout cela étant dit, il existe tout de même une moyenne qui tournerait autour des 0,5€ pour 1000 vues (cela est très variable). Mais gardez espoir, si vous générez 1 million de vues par mois et négociez bien votre network pour l’affichage publicitaire, vous devriez être en mesure de générer plus de 1000€ par mois. Vous pouvez également vous amuser à simuler vos revenus YouTube depuis cet outil : https://influencermarketinghub.com/youtube-money-calculator/.

Les alternatives à la monétisation

Le financement participatif

De nombreuses plateformes comme Tipeee, uTip ou MyTip permettent de faire appel à votre communauté pour obtenir des financements. Si vous parvenez à lui faire comprendre l’importance de soutenir financièrement les contenus en ligne, alors de nombreuses personnes seront prêtes à faire un effort pour apporter leur pierre à l’édifice. Cela a pour but de garantir la qualité, la gratuité et l’indépendance des contenus en ligne.

Voir l’article : Comment convaincre votre communauté de vous soutenir sur MyTip ?

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Le placement de produit

Il est de plus en plus fréquent de voir des vidéastes faire appel au placement de produit afin de financer un projet ou une vidéo. Ce procédé peut s’avérer être une solution pratique car il est bénéfique pour les deux partis : l’annonceur gagne en visibilité, le vidéaste obtient des financements. Reste que les viewers ne soient pas friands de ce genre de pratique car cela gâche un peu leur expérience. Cependant, cela est de plus en plus accepté.

Le contenu payant

Une autre alternative qui peut s’avérer efficace est de proposer du contenu payant en lien avec les vidéos gratuites que vous proposez. Nombreux sont les créateurs qui proposent une formation, un accès privé à un groupe de discussion ou tout simplement des services à leur communauté. Cette stratégie constitue une manière très saine de générer des revenus tout en aidant les membres de votre communauté et en proposant une aide et un conseil plus approfondis.

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